Cinq questions à Christian Venard, prêtre blogueur, écrivain et aumônier militaire, par Grégoire, Olympe et Cyprien, étudiants en Bac+4 à l'ISSEP

5 questions à … Christian Venard

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5 questions à … Christian VENARD

Prêtre blogueur, auteur du livre Un prêtre à la guerre (Tallandier 2013), aumônier militaire

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Vous êtes à la fois prêtre, aumônier et militaire : comment cela se conjugue-t-il concrètement ?

 

La République française reconnaît par la loi, quatre cultes au sein des armées, afin d’assurer la liberté de culte aux militaires qui le désirent. Dans ce cadre, je suis d’abord un prêtre catholique, engagé par le Ministère des Armées (et donc soldé par lui) pour assurer deux missions majeures confiées par l’Etat Major des Armées : une mission cultuelle (assurer les offices, donner les sacrements, témoigner de la foi catholique) ; une mission humaine qui se décompose en deux temps, être un conseiller du commandement en matière humaine et éthique, et se faire le plus proche possible de tous les militaires. Placé hors hiérarchie (le grade d’aumônier n’a ni supérieur ni subalterne), l’aumônier, homme de foi, essaie d’être un camarade et un interlocuteur pour chaque militaire, du simple soldat jusqu’au général !

Partagez-vous l’actuelle définition du génocide, selon l’ONU, qui veut que ce soit « un acte commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux » ?

Sans être un spécialiste de cette question, j’avais eu l’occasion de la travailler un peu, en tant qu’historien, à partir du célèbre livre de Gracchus Babeuf (+1797), Du système de dépopulation (1794). Étant de formation historien du droit, je rejoins les définitions de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de l’ONU de 1948, avec une insistance sur la nécessité de montrer le caractère intentionnel et organisé du génocide. Comme vous le savez, l’ONU a fini par retirer – sans doute sur pression de l’URSS à l’époque – des crimes génocidaires les déportations et massacres de population sur des critères idéologiques politiques. Cela pose évidemment problème. De même, pose difficulté, la légitimité réelle des cours pénales internationales, dont les fondements sont trop souvent ceux des “vainqueurs” et les attendus trop souvent “politiques“.

Vous qui êtes à la foi homme d’Eglise et militaire, que pensez-vous de la notion de « guerre juste » ?

Dans la mesure où en tant que tel, l’état de guerre est un mal, les théologiens catholiques préfèrent aujourd’hui ne plus utiliser les termes de “guerre juste“. C’est une évolution sémantique me semble-t-il, non de principe. C’est-à-dire que la doctrine perdure, mais on évite ces termes qui, aujourd’hui comme hier, peuvent semer de la confusion, comme si l’Église pouvait en soi, approuver l’état de guerre (qui est, rappelons-le une des conséquences dramatiques du péché originel). Une approche théologique et réaliste, montre que malheureusement, cet état de guerre est permanent dans toute l’histoire humaine (au moins depuis la sédentarisation des populations au néolithique). Ainsi en Occident, très tôt l’Église a chercher à instaurer des règles éthiques dans la guerre pour l’encadrer et si j’ose dire l’humaniser (création de la chevalerie, protection de la veuve et de l’orphelin, instauration des trêves de Dieu, proportionnalité des réponses, interrogation sur les nouvelles armes à feu, etc.). Naissent ainsi le droit dans la guerre (jus in bello) et le droit de la guerre (jus ad bellum).

Concrètement, l’engagement occidental au Rwanda et au Kosovo a-t-il été à l’origine de la redéfinition du terme de génocide et que pensez-vous de cette réactualisation de la jurisprudence sur les crimes de guerre ?

Il est nécessaire de distinguer les tentatives de justifications a priori et/ou a posteriori des engagements militaires occidentaux dans ces pays, des définitions juridiques internationales. Cela n’est pas facile car, comme pour les grands procès de Nuremberg, dans ce domaine la “loi du vainqueur” s’entremêle avec le travail des historiens et celui des juristes. Dès lors, on constate, que pour ces deux cas que vous citez, les attendus politiques et diplomatiques tendent à prendre le pas dans la définition de tel ou tel événement comme “génocide“. Cela est regrettable en ce sens que cela risque à terme d’amoindrir la force du concept de génocide, de relativiser le crime contre l’humanité et donc d’affaiblir la prévention de telles horreurs. C’est je le crains une conséquence supplémentaire à mettre au compte de l’idéologie relativiste qui règne aujourd’hui.

Considérez-vous que la diminution du nombre de Chrétiens au Moyen Orient, qui sont passés de 20% à 4%, peut s’apparenter à un génocide ?

Dieu sait ma proximité avec nos frères chrétiens d’Orient mais ce n’est sûrement pas à un simple prêtre de “juger” de l’aspect génocidaire ou non de ce qu’ils subissent. Il me semble évident que des politiques volontaires et parfois des actes de guerre sont menés pour chasser les chrétiens de ces régions. Pour beaucoup cela s’apparente à des déplacements de population en fonction de leur appartenance religieuse et cela s’apparente donc à un crime contre l’humanité. Est-ce un génocide ? Il faudrait entrer dans une comptabilité morbide du nombre de morts causées par ces actions. Il serait nécessaire ensuite de démontrer non seulement qu’il y a eu une organisation volontaire en ce sens, mais surtout d’en trouver les auteurs (pays, groupes djihadistes, autres ?).[/vc_column_text][vc_separator color=”custom” border_width=”2″ el_width=”20″ accent_color=”#b89e67″][vc_column_text css=”.vc_custom_1563175954525{margin-right: 20px !important;margin-left: 20px !important;}”]

Grégoire, Olympe et Cyprien,
étudiants de l’ISSEP

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